Le larynx
Bien spécifique à la spécialité ORL est l’expertise dans la prise en charge des maladies du larynx (boîte vocale), des voies aérodigestives supérieures et de l’œsophage, y compris les troubles de la respiration, de la phonation et de la déglutition.
Le larynx est un organe situé au niveau de la gorge. Il se trouve après la jonction du pharynx. Il est l’intermédiaire entre le pharynx et la trachée et abrite les cordes vocales. Il fait partie des voies aériennes supérieures.
Les cordes vocales sont tendues, dans le larynx, de l’angle rentrant du cartilage thyroïde à l’apophyse vocale des cartilages aryténoïdes.
Elles sont composées de plusieurs couches de structures différentes : le muscle vocal (muscle thyro-aryténoïdien), puis la lamina propria qui regroupe trois couches : profonde, moyenne et superficielle.
Ci-contre : mouvement des cordes vocales lors de la phonation.
Les couches profondes et moyennes sont formées par le ligament vocal. La couche superficielle est un espace de glissement appelé espace de Reinke. Ces différentes épaisseurs sont recouvertes d’une muqueuse plus ou moins visqueuse.
Les cordes vocales mesurent environ 9 à 13 mm chez la femme, et entre 15 et 20 mm chez l’homme.
Elles sont écartées lorsque le sujet respire, rapprochées quand il déglutit.
L’appareil phonatoire comprend le larynx, mais aussi la soufflerie (abdomen et thorax) et les résonateurs (cavité orale, fosses nasales…). Le blocage des cordes vocales produit le « coup de glotte ». Leur vibration permet de prononcer les voyelles et les consonnes voisées. Leur ouverture béante permet d’aspirer le son H.
Maladies du larynx
Les laryngites sont des inflammations du larynx, souvent infectieuses, d’origine virale ou bactérienne. Une laryngite peut être plus ou moins grave selon le siège de l’affection. Il existe aussi des laryngites chroniques irritatives dues au tabac ou à la mauvaise utilisation de la voix.
Les différents types de laryngites sont décrits ci-dessous.
Laryngite chronique
Il s’agit de la plus connue et de la plus fréquente des inflammations du larynx, et elle affecte spécifiquement les cordes vocales.
Favorisée par le tabac, le climat (notamment pour certaines professions exercées en extérieur) ou le surmenage vocal, elle altère la voix en l’enrouant.
Parfois aggravée par une toux ou une gêne au niveau de la gorge, sa principale complication est une rare mais dangereuse évolution cancéreuse. Cette évolution peut être détectée par une laryngoscopie et des biopsies.
Aucun traitement n’est réellement efficace pour une laryngite chronique, à part dans de très rares cas le laser et la microchirurgie des cordes vocales. Le repos vocal et, pour les fumeurs, l’arrêt du tabac sont conseillés.
Polype des cordes vocales
Les cordes vocales peuvent être le siège de polypes pouvant entraîner une dysphonie qui attire l’attention.
Ces polypes peuvent être sessiles ou pédiculés. Leur ablation permet généralement le retour à une voix normale.
De plus, l’examen anatomopathologique de ces petites tumeurs en précisera le caractère bénin. En cas de caractère malin, il ne s’agit plus de polypes et l’otorhino-laryngologiste mettra en œuvre le traitement adéquat.
Les cordes vocales peuvent également être le siège de nodules, de papillomes et de cancers.
Laryngite aiguë sous-glottique de l’enfant
Il s’agit d’une inflammation de la muqueuse laryngée sous-glottique (en dessous des cordes vocales), fréquente chez l’enfant de moins de sept ans.
Provoquée en général par une infection virale, on la rencontre majoritairement en hiver. Ses symptômes, souvent nocturnes, sont une gêne à l’inspiration provoquant un bruit de stridor, une dyspnée, ainsi qu’une voix, un cri (chez le nourrisson) et une toux rauques caractéristiques.
C’est une urgence dont l’évolution peut être entravée par l’humidification de l’air et dont le traitement repose sur les corticoïdes par voie orale, ainsi que sur l’association de corticoïdes et d’adrénaline nébulisés.
Laryngite striduleuse
Forme rare ressemblant à la précédente et souvent associée à une rhinopharyngite.
Épiglottite
Il s’agit d’une urgence vitale rare touchant plus spécifiquement l’enfant entre 2 et 5 ans, due à Haemophilus influenzae et entraînant un œdème de l’épiglotte.
L’épiglotte bascule normalement sur la bouche du larynx pour l’obstruer temporairement lors de la déglutition. Dans ce cas pathologique, elle provoque une obstruction persistante, entraînant dyspnée et dysphagie, puis à terme asphyxie.
Cette affection est devenue rarissime depuis que la vaccination contre Haemophilus influenzae est devenue systématique.
Attention : l’épiglotte bascule d’avant en arrière. Il ne faut donc jamais allonger le patient car cela peut entraîner un arrêt respiratoire. Si l’épiglottite devient menaçante, l’intubation doit être pratiquée en position assise.
Le traitement consiste en une antibiothérapie en urgence.